Il peut être surpris également par le nom de ce château : « FONTANGES »…
Pourquoi ?
La duchesse de Fontanges, disparue à Port-Royal, de mort douteuse, a séjourné au château de Mézillac dans le Cantal,
non loin de Mur-de-Barrez en Aveyron.
Alors, en un galop, serait-elle venue passer une nuit ou deux dans ce château admirer la magnificence de ce clocher déjà dressé depuis deux siècles et prier la Vierge protectrice entourée des quatre anges thuriféraires ?
Trêve d’imagination… Marie-Angélique n’a pas noué les rubans de sa coiffure dans une des chambres de ce castel… C’est dommage pour l’histoire.
Tout simplement, FONTANGES veut dire : Font Tencha, source rouge d’argile du Causse.
Le touriste, en voyageur averti, veut aller plus loin et connaître l’histoire du château.
En voici les grandes lignes :
Dès 1280, la seigneurie est à la famille Balaguier.
En 1422, le seigneur de Belcastel, Alzias de Sauhnac en possède le tiers, le reste étant au chapitre de Rodez.
Des éléments de construction existaient à la fin du XV et au début du XVI siècle dont la cuisine avec une cheminée
en stuc.
En 1564, s’éleva une bâtisse avec tour qu’on appela » la maison neuve de Fontanges ». Le château actuel fut bâti à la fin du XVI et au début du XVII par un riche drapier du bourg de Rodez, Raymond d’Austry.
Il fit dresser la tour de cinq niveaux que l’on peut voir encore dans la cour centrale
de l’hôtel, tour conçue par le maître d’œuvre Pierre Radegonde, dont le fils pose la première pierre le 22
janvier 1590.
Un autre maçon d’Ambec éléva la seconde tour côté Floyrac et un couvreur Fraissinhon les acheva.
Sur une des deux cheminées, Raymond d’Austry fit sculpter ses armoiries qui portent une autruche
et la figure boufarèle de l’auster ou vent du midi.
Dans la salle à manger actuelle qui fut la grande salle du château, on peut admirer le plafond à la française
peint par un artiste qui avait orné également les solives d’un autre hôtel construit à Rodez par Raymond d’Austry,
aujourd’hui disparu.
Les peintures murales n’existent plus. A l’époque chaque trumeau, chaque espace entre les fenêtres et en vis à vis
représentaient, en trompe l’œil des niches garnies de statues.
En 1654, la veuve de Jean d’ Austry qui fut président du Présidial de Rodez, affermera le domaine
et se réserva l’habitation.
L’exploitation passa aux Chartreux puis aux Jacobins de Rodez qui l’affermèrent régulièrement.
Le domaine fut vendu comme bien national le 11 mars 1791. Il fut estimé à 44 669 livres, adjugé à 77 400 livres
à Descombes du Truel, paroisse de Conulet (Bessuéjouls).
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